Ingrid = Nelson ?

Publié le par Arnaud DROUOT

Sans vouloir casser l'unanimité nationale autour de la libération d'Ingrid Bétancourt ni me rabaisser aux ségolinades, il y a quand même quelques éléments qui m'interpellent.

Il fallait bien que ça arrive, c'est arrivé hier et c'est signé Séguéla : Ingrid Bétancourt est la nouvelle Nelson Mandela. Autant je veux bien qu'on se réjouisse de sa libération, que c'est un très beau moment de joie collective, que c'est un message porteur d'espoir pour tout ceux qui souffrent ou sont opprimés à travers le monde mais il ne faut pas tout confondre, tout ne se vaut pas.

Ingrid Bétancourt a de commun avec Nelson Mandela qu'ils ont été privés de liberté alors qu'ils se battaient pour leurs idéaux. Pour moi, la ressemblance s'arrête ici.
Qui est Ingrid Bétancourt ? Elle était candidate, dans un pays démocratique, aux élections présidentielles. Rien à voir avec l'opposition au Zimbabwe, tenue sous la botte de Robert Mugabe qui assassine et emprisonne chaque jour de nouveaux opposants. RIen à voir non plus avec le combat d'un Nelson Mandela qui se battait contre un système raciste.
Pour quoi se battait elle ? Pour l'écologie, elle était candidate "verte". Même si j'ai beaucoup de respect pour la cause écologiste et pense que cela sera un des enjeux du 21ème siècle, on ne peut pas comparer la défense de l'environnement et du développement durable avec le combat contre l'apartheid. Certes sa cause est intéressante, porteuse et noble, mais elle n'est pas de la même importance que celle de Mandela.
Comment a t elle été emprisonnée ? Lors de sa campagne, elle s'est rendue dans la jungle pour proner le dialogue avec les FARCS et c'est ainsi qu'elle a été enlevée. Là ou elle était un otage d'un groupe terroriste, Mandela lui a été condamné par la justice à la prison à perpétuité. Bétancourt et ses partisans devaient faire face à un pouvoir terroriste illégitime alors que Mandela se trouvait devant le mur d'une force légitime : celle de la justice d'un pays. Mandela a été un véritable prisonnier, pendant plus de 20 ans. Bétancourt avait son pays avec elle, Mandat l'avait contre lui. Vous voyez l'armée Sud Africaine aller chercher Mandela condamné à perpétuité ?

Désolé M. Séguéla, j'ai beaucoup d'admiration pour Bétancourt, mais pas autant que pour Nelson Mandela, tout ne se vaut pas.

Publié dans Le poing (j'aime pas)

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Daniel DROUOT 06/07/2008 23:18

Ton article est bien juste au sens littéral et je suis en plein accord avec ce que tu as écrit. C'est bien dans l'ère du temps. La charge émotionnelle de sa libération prend largement l'ascendant sur la charge fondamentale de l'action humaine. Elle sera décorée par notre président !!! Mais ne jetons pas la pierre politicienne, facile, sur M. Sarkosy...Il suit le cours du temps puisque la Présidente du Pérou soutient déjà la candidature de Bétancourt aux élections colombiennes à venir, qu'elle doit être reçue au Vatican... ( monde religieux quand tu nous tiens...) et qu'elle est pressentie pour le prix Nobel de la paix...
Mandela, c'est quand même autrement différent...