Peut-on dire à Ménard de la fermer ?

Publié le par Arnaud DROUOT

Lepen, Ménard, Vanneste, Zemmour, c'est marrant mais les polémistes qui vocifèrent contre la censure et réclament une liberté d'expression totale, ce n'est jamais pour exprimer combien ils aiment leurs prochains. On va plutôt chercher dans le champ lexical de l'antisémitisme, du négationnisme, de l'appel à la haine raciale ou de l'homophobie (rayez, le cas échéant, les mentions inutiles).

 

Oui mais aujourd'hui, la liberté d'expression est limitée !

 

Et c'est tant mieux ! On est pile poil dans un des fondements de notre société moderne qu'est l'abus de droit. J'ai le droit de jouir librement de mon habitation comme je l'entends, mais pas comme je le fais entendre à mes voisins. S'il me prend une envie irrésistible d'écouter à fond les coeurs de l'armée rouge sur le coup des 3h du matin, il me semble légitime que la loi prévoit l'intervention de la puissance publique pour ne pas troubler la tranquillité de mes contemporains. Et la liberté là dedans ?  Art. 4 de la DDHC de 1789 "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui". Liberté d'expression incluse.

Donc, mon petit Ménard, tout ce qui concerne la protection des personnes (diffamation, injure, atteinte à la vie privée, protection de la présomption d'innocence, provocation à la discrimination, à la haine, ou la violence) ou la protection de certains intérêts publics fondamentaux (secret défense, affaires judiciaires en cours, apologie de crimes contre l'humanité) sont punis car la société considère que cela nuit à l'intérêt général. Tout ce qui est écrit plus haut entre parenthèses ne sont pas des opinions, ce sont des délits.
Et c'est tant mieux. Je n'ai pas envie de vivre dans une société à l'américaine où des idiots d'homophobes viennent vomir leur haine aux funérailles d'un soldat gay, qui plus est un pauvre gamin de 20 ans.

 

Néanmoins, afin de faire progresser notre liberté d'expression, abolissons le délit d'outrage (aux dépositaires de la force publique, au président de la République, au drapeau, à l'hymne etc.) Le délit de diffamation ou d'injure est largement suffisant, qu'il soit renforcé s'il est proféré à l'encontre d'un agent public. L'outrage est à la République ce que le blasphème est à l'Eglise, et il conviendrait de supprimer cette vielle lune héritée du crime de lèse-majesté.

 

Ménard, si tu voulais faire du fond et pas vendre ta soupe, il aurait été préférable de titrer ton papier "Casse toi pov' con" comme le pauvre type condamné pour ça ou ce SDF un peu alcoolisé qui se retrouve devant un tribunal.
Du coup, comme je suis dans un pays libre et civilisé, où je peux m'exprimer librement, tu me permettras d'en jouir pleinement et de t'adresser un "ferme la" des plus cordial parce que tu nous les brises avec ton buzz.

Publié dans Le poing (j'aime pas)

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