Les vieux cons sont toujours les vieux cons

Publié le par Arnaud DROUOT

Par manque de temps, j'oublie de venir écrire. Pourtant, j'en ai des choses à dire mais il s'avère que pour le coup, d'autre le font mieux que moi.

 

Retrouvez ci-dessous une tribune du Monde écrite par Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes Socialistes, initialement titrée "Au-delà du drame, comprendre les apéros Facebook" que je préfère renommer "les vieux cons sont toujours les vieux cons".

 

Au-delà du drame, comprendre les apéros Facebook 

 



Le décès tragique d’un jeune à l’occasion d’un "apéro Facebook" a logiquement libéré la parole hostile à l’encontre de ces rassemblements. Une fois de plus, un drame servirait comme justificatif à l’intervention autoritaire de la puissance publique. Au-delà de l’indispensable réflexion sur la consommation d’alcool chez les jeunes, il faut s’interroger sur les interventions de responsables politiques à la cinquantaine bien tassée qui démontrent leur incompréhension des jeunes et du monde numérique.


Qui se rappelle des réactions après le premier concert de Salut les copains en 1963 ? Place de la Nation, 150 000 jeunes, informés par les transistors et le bouche-à-oreille, se réunirent pour la première manifestation de masse du baby-boom. Avec, à la clef, quelques affrontements avec la police. On titra : "Salut les voyous !", "Une jeunesse sous mauvaise influence". "Chahuts d’étudiants", disait-on quand, à Nanterre, des étudiants réclamèrent la mixité des cités U.


A l’époque, les "vieux cons" étaient déjà des "vieux cons". Ils ne comprenaient pas la culture rock, ils ne voyaient pas venir la révolution sociale et sexuelle de 1968. En 2010, rien de nouveau sous le soleil ! La France s’ennuie dans ce présent qui ne lui plaît pas. De nouvelles pratiques émergent. Des autorités frileuses et vieillissantes ne comprennent pas qu’Internet n’est pas un média mais un espace, un écosystème, où les citoyens se parlent, inventent et s’organisent. Où les échanges numériques ne sont pas virtuels : quand une information est échangée en ligne, elle l’est vraiment.


Cette horizontalité fait que les mouvements qui surgissent du monde en réseau ne sont pas organisés selon les voies prévues par les lois sur les rassemblements de voie publique. Plus directe et spontanée, la société en réseau peut faire émerger rapidement des initiatives individuelles ou collectives aux sens et formes nouvelles par rapport aux rites politiques, sociaux et festifs habituels.


C’est un signal positif, dans notre société dépressive, que des citoyens aient envie de se réunir pour être ensemble, dans un esprit souvent bon enfant. Ce mouvement de réappropriation de l’espace public est profond et se traduit d’ailleurs aussi par le succès des vélos en libre-service ou de Paris Plages. L’espace public n’est pas seulement marchand, celui des terrasses de café aux consommations tarifées, mais il doit aussi être partagé et c’est ce que font ces initiatives.


"La jeunesse n’a pas toujours raison, mais…"


Bien évidemment, un rassemblement massif doit faire l’objet de mesures d’accompagnement de bon sens sur le plan de la santé et de la sécurité publique. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir si 10 000 jeunes posent beaucoup plus de problèmes chez eux, en apéro Facebook ou en discothèque, où l’alcoolisation de fin de semaine s’exerce habituellement en assurant une marge à des professionnels et sans faire la « une » des journaux. Le mal-être d’une génération ne mérite-t-il titres et commentaires que s’il est visible et non rentable ?


Quand des collégiens s’affrontent dans des bagarres, on ne titre d’ailleurs plus sur la violence, sur les causes de ces phénomènes, mais sur le fait qu’ils se soient organisés par Facebook pour se battre. Est-ce qu’une bagarre organisée par SMS ou directement dans la cour a moins de sens ou d’importance ?


François Mitterrand avait déjà vu cela : "La jeunesse n’a pas toujours raison, mais la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort." L’interdiction générale serait aussi vaine et inefficace qu’Hadopi. On n’empêche jamais les jeunes de secouer une société pour faire naître le monde nouveau qui vient.


Cette génération sacrifiée à tant d’égards, qui connaît chômage, précarité, bas salaires, qui va payer bien des erreurs passées, pourrait choisir d’entrer dans des formes de revendications plus violentes si on ne lui laisse trouver sa place ni dans le monde du travail ni dans les loisirs. Les jeunes crèvent de cette société à la violence aseptisée qui ne supporte plus l’imprévu et la spontanéité.


Nous pouvons dépasser cet antagonisme. Je propose à tous ceux de nos aînés qui ne comprennent pas ce phénomène de se retrouver pour en parler, autour du verre de l’amitié. Un apéro quoi. On l’organise sur Facebook ?

Publié dans La rose (j'aime)

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Arnaud 01/06/2010 20:23


C'est vrai que c'est un peu facile, mais dans la vague médiatique déferlant contre Facebook, ses jeunes et ses apéros, entendre un son de cloche différent, ce n'est pas désagréable.

Bien évidemment que pour l'entreprise Facebook, leur produit est devenu une immense boite à fric qui s'alimente toute seule, une machine à générer des dollars grâce aux millions d'internautes
abreuvés de pub à longueur de profil. Néanmoins, certains profitent des joies du logiciel libre et installent de quoi virer les pubs pour profiter d'un autre internet, car un autre internet est
possible.

Et cet autre internet, celui du 2.0, Facebook en est le symbole, symbole d'une petite révolution ou l'information n'est plus pyramidale, tel que les journaux, la télé, la presse, les marques, la
radio, les institutions, les sites internet nous l'ont vendu depuis quelques dizaines d'années. Le Web 2.0, c'est Gutemberg; plus besoin d'avoir des moines copiant la bible nuit et jour, chacun
peut aujourd'hui être producteur, vecteur et consommateur d'information, envoyant ainsi valser la pyramide d'antan. Un bien ou un mal ? Cela dépend du recul avec lequel les gens traitent
l'information, on peut y trouver les pires conspirationnistes comme les révélateurs d'infos passées à la trappe des médias transitionnels. Je ne sais donc juger, ce que je sais néanmoins, c'est que
cela change. Le rapports humains changent également, on étudie à peine les générations MSN et SMS qu'aujourd'hui on passe à Facebook et son flot inouïe d'information, bien que souvent plus
quantitatif que qualitatif. Aujourd'hui, on tweet des conférences, connaissons l'agenda de nos idylles et recevons les ressentiments d'une personne à l'autre bout du globe en instantané, sans le
moindre filtre. Terrifiant et passionnant à la fois.

L'étonnant, c'est que derrière son écran, dans un monde du repli sur soi, du délitement du lien social, du nombrilisme facebookien, des centres villes aseptisés où le commerce est seul roi, on est
encore le besoin et l'envie de se réunir. Et puis, se réunir et boire un coup en dehors de tout cadre, norme, formulaire cerfa, réglement et autre déclaration préalable, c'est déjà pas si mal.


PS : toujours dans l'édifiant, une conférence Joël De Rosnay, un papy prospectiviste qui, au delà de son charabia-de-gourou-pour-vendre-son-bouquin-sur-Ipad, raconte de sacrés histoires (à prendre
au 3ème degré) sur le Web dans 30ans : http://www.tedxparis.com/2010/derosnay (de quoi émerveiller le Beffroy un dimanche matin ...)


philippe cabrera 01/06/2010 13:12


Pendant que je délirais dans mon précédent commentaire, je recevais une newsletter, que je m'empresse de vous communiquer. Edifiant !

http://www.docnews.fr/fr/archives/nouvelle-adresse/stefano-hesse-directeur-communication-emea-facebook,4530.html


philippe Cabrera 01/06/2010 12:37


Un peu facile et très démago, comme analyse.
Il est vrai que le Monde, vieille dame maintes fois liftée, a furieusement besoin d’être dans le Mouv.
Le Monde prépare d’ailleurs activement sa reconversion dans le numérique, sans lequel ses brillants analystes pourraient manquer bientôt de tribune.
L’appli Iphone est déjà en rayon, celle del’ Ipad dans les starting bloks et pour bien créer du trafic, il est indispensable de faire du Web 2.0, cad d’utiliser Facebook, Twitter et autres réseaux
sociaux du moment.
Bon, passons sur les responsables politiques à la « cinquantaine bien tassée » (j’en ai 52, mais je ne suis pas engagé politiquement à l’inverse de la plupart de ceux qui me liront sur ce blog),
Einstein, qui n’était pas trop con estimait que l’âge n’a jamais été une garantie contre l’imbécilité, ni dans un sens ni dans l’autre, pourrait-on ajouter…
Ainsi donc les pouvoirs publics, la marée-chaussée, et tous les cortèges de bigots, bigotes et culs serrés s’en prendraient, comme d’hab, à la liberté d’expression de notre valeureuse jeunesse.
Sus donc, à tous ces vieux cons rancis, qui ne comprennent rien à rien, ne se sont jamais amusés (sauf un peu en 63, puis en 68), n’ont jamais compris le sens du mot liberté, etc, etc…
Je connais l’histoire par cœur, c’était la mienne, il y a 35 ans.
Par contre, excusez moi jeunes lecteurs, mais faire passer les apéros Facebook pour de gentilles manifestations dégoulinantes de bonnes intentions, dont le seul but est de se réunir pour boire un
coup et faire la fête s’appelle juste, pour moi, au mieux une belle manip , au pire de l’arnaque pure et simple.
Ainsi l’exemple, cité par la jeune Laurianne Deniaud, du concert de salut les copains en 63 n’a strictement rien à voir avec les apéros Facebook. Il s’agissait de concerts de Rock, musiques honnis
par les vieux cons de l’époque, et la jeunesse de l’époque émettait déjà les signaux de son explosion à venir.
Alors que la jeunesse d’aujourd’hui se plie au système, se fait tourner et retourner dans tous les sens en miaulant des mercis.
Je travaille dans le numérique et vous ne me ferez jamais croire que Facebook, Twiter, Google, MSN, Apple vous aident à acquérir des espaces de liberté. C’est de pognon qu’il s’agit, de grâce
restez jeunes, mais ne soyez pas déjà cons.
Plus précisément, Facebook a bâti son Business Model sur la pub et la vente d’informations privées concernant ses adhérents. Est-il besoin de vous faire un dessin ?
Un certain nombre de voix commencent à s’élever sur les utilisations qui sont faites de ces données, la plupart du temps de manière illégale.
Ces apéros représentent pour Facebook, une formidable opération de com, et plus on en parle, mieux c’est. La recette est vieille et pas conne.
Alors, de grâce, vivez à fond votre jeunesse, faites des apéros, enivrez vous de plaisirs illicites, dites Fuck à tous les vieux cons que nous sommes, organisez des concerts interdits,…
Mais ne vous faites pas berner par des jeunes qui utilisent comme des pros les ficelles des vieux.
Enfin, je donne RV dans 25 ans sur la toile, si j’existe encore, à la jeune Laurianne Deniaud pour découvrir quelle sorte de responsable politique, vieille et pas con, elle est devenue.
Nous aurons peut être l’occasion à nouveau de citer ce bon vieil Einstein, ou pourquoi pas Freud